Revue parlée Elaïg

 

 

La revue parlée Elaïg sur support audio CD  expression littéraire d'Emergences L.A.

 

Enregistrement le 3 janvier du numéro 2 : une vingtaine d'auteurs présents à la Grange des conteurs. Un excellent début d'année !

 

 

Sommaire du numéro 1 :

 

Editorial 

De l'un à l'autre : interview d' Alexis Gloaguen par Anne-Yvonne Pasquier

En toutes lettres : L'émigration bretonne de Marcel Le Moal par Josette Jouas,  lu par Danielle Guerzider

Le coup de coeur ( des bibliothécaires ) : Le Chat de Marie Mandel lu par Catherine Jullien .

A voix haute : Paul et St Pol Roux lu par Jean -Marc Derouen

Le son des mots coordonné  par Frédéric Vitiello :  Alexandre Carré- Michèle Labbé- Pierre Mironer- A.Y. Pasquier-Georges Point, Sydney Simoneau- Frédéric Vitiello

Expression : texte en breton Erwan Evenou Nicolazig ar broiou tomm lu par l'auteur

L'oeuvre en cours : Une belle histoire d'Hervé Bellec, lue par Joëlle Delain 

L'agenda avec mention du débat prévu à Guémené/ Scorff Les Territoires de l'écriture, et les actualités éditoriales d'Emergences L.A.

 

La première partie de l'enregistrement s'est déroulée le 4 juin à la Grange des conteurs dans une ambiance décontractée  ( mais sérieuse sous la houlette de Jean-Marc Derouen ) une fois le stress envolé ! Merci à La Mouche Production.

 

 

 

 

 

 Deuxième partie  le 2 juillet : le sourire de Marie Malézieux  notre secrétaire, on AIME !

 

Frédéric Vitiello au pupitre

Coordination du Son des mots : un sans-faute !

 

De l'un à l'autre : interview d'Alexis Gloaguen par Anne-Yvonne Pasquier un exercice nouveau ...mais sursum corda !

 

La durée du CD est de 1 H  seulement mais  vous découvrirez  les extraits des ouvrages des auteurs adhérents au fil des parutions  de la revue parlée et aussi sur le site d'une radio amie du Centre-Bretagne  RKB !

 

Traduction du texte en breton lu par Erwan Evenou

« Nikolazig ar Broioù Tomm » (le petit Nicolas des pays chauds, i. e. des Colonies) est un roman qui conte l’histoire d’un jeune Algérien il y a cinquante ans et plus. Lui n’est pas Arabe et nourrit donc de la défiance à l’égard de ces derniers. Vers l’âge de vingt ans, il désertera l’Afrique pour élire domicile en Bretagne, le pays de ses ancêtres. Pourtant il n’y restera pas. En définitive, il retournera en Algérie, et s’y fera de solides amitiés.

 

La page que nous allons lire nous narre comment le garçonnet fit la connaissance un jour d’un petit Arabe. C’était au cours d’un match de football entre camarades. Voilà le ballon qui échappe à leur contrôle et gagne un profond ravin peuplé d’Arabes. Notre héros décide alors de poursuivre l’objet égaré jusqu’au fond du ravin.

 

Je ne lâchais pas le ballon des yeux : il poursuivait son chemin, sur son erre, par le sentier argileux. Un gamin aux cheveux crépus se jeta dessus en poussant un cri perçant. Puis il leva la tête. Il devait avoir mon âge et montrait un joli minois, à supposer que j’y prêtasse attention… Son regard noir s’agrandit en me voyant. Je ne devais pas m’attendrir : c’était un Arabe, un sauvageon, un adversaire ! J’étais Buffalo Bill, il était Jeronimo ! Ou je remporterai le duel, ou il le remportera !

 

On raconte qu’ils ont un couteau dans la poche ! Pourtant, je n’avais pas peur. Droit sur ses maigres jambes, le petit vaurien me dévisageait. J’attendais un sourcillement agressif, un murmure de haine, un crachat méprisant. Rien ! Il ne souhaitait pas se battre. Il paraissait plutôt préoccupé. Ou peut-être guettait-il l’arrivée de ses compères, avec leurs couteaux affûtés et leur horrible jargon…

 

Le temps semblait interrompre son cours… Je pointai alors mon index en direction du sol terreux, et en désignant la pointe de mes chaussures, comme on s’adresse aux chiens :

 

« Donne ! » vociférais-je, sur le ton impérieux dont j’avais appris à user à l’égard des Arabes.

 

Le garçon haletait. Je savais bien qu’il ne me rendrait rien, que les autres ne tarderaient pas à surgir et à se jeter sur mon corps trop frêle : hypocrites, ils le sont, vous savez bien !...

 

Le pendard n’appelait pas à l’aide, ne cherchait pas à décamper, non plus. Au contraire il tendait les bras, ses yeux de braise fixés sur moi. Il ne soufflait mot. Il me présentait le précieux ballon posé sur ses deux paumes jointes, comme Vercingétorix remettant son épée à César.

 

 

 

 

Au sommaire du n ° 2 prévu pour mars

L'oeuvre en cours sera un extrait du livre Le Transsibérien de Gwenaëlle Abolivier  écrivain , journaliste grand reporter, productrice à France Inter

Une interview de Soazig Aaron

Sur un air de Mambo de Danielle Guerzider, extrait d'une nouvelle primée au Concours de Questembert

Un extrait de Les Huguenots bretons en Amérique du Nord  tome 1 d'Olivier Le Dour aux Editions Les Portes du large

... à suivre

 

 

 

 

Bientôt sur la radio Kreiz Breizh une émission littéraire mensuelle éponyme

www.r-k-b.org